Olivia

Olivia famille

Je connais Olivia depuis l’adolescence. On s’est rencontrées très jeunes, à un âge où l’on ne pense pas encore vraiment à demain, encore moins à la parentalité. Et puis le temps a fait son œuvre. Les souvenirs se sont empilés, les chemins ont bifurqué, et nous voilà aujourd’hui tous les deux parents, à regarder nos vies avec ce drôle de mélange de recul et de tendresse. De là où nous en sommes, il devient possible de comparer, de mesurer le chemin parcouru, sans jugement, juste avec lucidité.

Olivia est une femme qui a vécu plusieurs vies, porté plusieurs rôles, endossé différentes versions d’elle-même. Être parent, chez elle, n’est pas un détail de parcours, c’est une réussite évidente. Elle a donné la vie quatre fois. Quatre naissances, quatre racines posées dans le sol. Et derrière cela, une femme solide, combative, qui a avancé malgré les doutes et les peurs.

Aujourd’hui, Olivia a 46 ans. Elle est maman de quatre enfants : deux garçons de 26 et 21 ans, et deux filles de 12 et 13 ans. Elle se décrit comme une personne entière, parfois timide, parfois sûre d’elle, mais toujours un peu angoissée. Une anxiété de fond qui ne l’a jamais empêchée d’avancer, ni d’apprendre. Car apprendre, justement, a toujours fait partie de son moteur. Curieuse de tout, attirée par de nombreux domaines, elle se considère comme une autodidacte de la vie. Une vie faite de hauts et de bas, d’épreuves et de réussites, qui ont peu à peu façonné la femme qu’elle est devenue.

olivia famille

L’envie de devenir maman est arrivée tôt. Très tôt même. Elle s’en souvient sans hésiter. À l’époque, elle était déjà très jeune, et dans son imaginaire, la maternité ressemblait à une image presque parfaite. Une famille idéale, soudée, que rien ne pourrait séparer. Une vision un peu naïve, presque comme dans La Petite Maison dans la prairie, avec cette idée rassurante d’un cocon solide, immuable, à l’abri des secousses de la vie.

Sa grossesse était désirée. Elle l’attendait. Il n’y a pas eu de surprise, pas de doute au moment de la découverte : c’était un projet conscient, voulu, espéré. Durant ces neuf mois, tout s’est bien passé. Son corps a suivi, son entourage aussi. Une grossesse vécue sans heurts particuliers, dans une forme de continuité, comme une étape qui s’inscrivait naturellement dans son histoire.

Le début de son accouchement, en revanche, reste gravé dans sa mémoire avec une précision presque cinématographique. La perte du bouchon muqueux a eu lieu sur le pont de Carouge, un matin à sept heures, alors qu’elle se rendait au travail. Un moment à la fois banal et fondateur, pris dans le rythme d’un quotidien qui ne sait pas encore qu’il est sur le point de basculer.

Le souvenir le plus fort de cette journée ne se trouve pas forcément dans la salle d’accouchement, mais dans un geste simple, profondément humain. Son responsable lui a fabriqué un lit de fortune avec des palettes en bois, en utilisant les coussins que l’entreprise vendait pour les animaux de compagnie. Une attention inattendue, presque dérisoire en apparence, mais qui dit beaucoup de la solidarité et de la bienveillance qui peuvent surgir dans ces moments-là.

La rencontre avec son bébé, elle, se résume en un mot : magique. Il n’y a rien de plus à ajouter, rien à expliquer. Juste cette évidence-là.

Les premiers jours en tant que maman ont été des jours d’apprentissage. Apprendre à faire, à ressentir, à comprendre. Rien d’inné, rien d’automatique. Et c’est peut-être là que quelque chose de fondamental s’est joué pour elle. À travers cette expérience, Olivia a compris le sens du mot humain. Dans ce qu’il a de fragile, de profond, de bouleversant aussi.

Si elle devait laisser un message à celles qui s’apprêtent à devenir mères, ce serait celui-ci : on ne naît pas maman, on le devient. Un chemin qui se construit pas à pas, au fil des jours, des erreurs, des ajustements, et de l’amour que l’on apprend à donner, et à recevoir.

 

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