Delph et le Congo

delph

J’ai eu la chance de croiser Delph à une période bien particulière : je cherchais un appartement à Genève. Et si vous connaissez un peu la ville, vous savez sûrement que trouver un logement là-bas relève presque du parcours du combattant. C’est grâce à une amie d’enfance que nos chemins se sont croisés, un peu par hasard, un peu comme si c’était écrit.

Le jour de la visite, je me rappelle avoir découvert une femme souriante, entourée de ses deux magnifiques petits métissés. Tout de suite, j’ai ressenti une proximité, une sorte d’évidence : on s’est entendus naturellement, comme si une amitié était en train de naître sous nos yeux.

Ce n’est qu’après coup que j’ai appris son histoire, celle de ses grossesses et de ses accouchements. Ses enfants n’ont que quatorze mois d’écart… et là, je dois avouer que je suis resté bouche bée. Je me suis dit : quelle force, quelle prouesse incroyable du corps humain ! J’avais déjà assisté à un accouchement auparavant, je sais à quel point le corps est mis à rude épreuve. Alors en imaginant tout ce que Delph avait traversé, j’ai ressenti une admiration profonde.

 

delphine

J’avais 35 ans quand l’envie de devenir maman s’est imposée à moi. C’est arrivé comme une évidence, une étape naturelle de ma vie. Dans mon esprit, je voyais cette aventure comme un passage merveilleux, une plongée dans l’amour inconditionnel, un voyage que j’avais hâte de vivre.

Je me souviens encore du jour où j’ai appris ma grossesse. Ce n’était pas avec un test improvisé à la maison, mais lors d’un contrôle gynécologique. C’était le 25 novembre 2019, une date gravée dans ma mémoire. Puis plus tard, le 4 janvier 2021, une autre nouvelle est venue chambouler mon cœur : j’allais revivre cette magie une seconde fois.

La grossesse, pour moi, c’était surtout ce lien unique avec mes bébés, ces instants suspendus où je les sentais bouger en moi, où les échographies me faisaient découvrir leur petit profil. J’adorais ces rendez-vous, ils me rappelaient à quel point la vie est précieuse. Bien sûr, mon corps a changé : j’ai eu des envies irrésistibles de biscuits au chocolat, j’ai pris beaucoup de poids, 25 kilos la première fois, 22 la seconde, mais je n’ai jamais eu de regrets. J’étais entourée de tellement d’amour et de soutien. Berto, toujours présent, la crèche Carfagni-Plantamour, Béatrice… je n’étais jamais seule, et ça a fait toute la différence.

L’accouchement, je l’ai vécu presque comme un rêve. Pour Inès, tout était programmé : le 16 août 2020, un jour qui restera magique. Je n’ai pas ressenti de douleur et, à 8h50, elle est arrivée, douce et lumineuse, posée directement sur ma poitrine. Pour Kylian, l’histoire a été un peu différente : des contractions intenses pendant une heure et demie, une dilatation rapide jusqu’à 10, mais grâce à la péridurale tout est resté supportable. Et à 20h50, le 22 septembre, il est venu au monde. Je garde de ces deux jours des souvenirs puissants. Pour Inès, l’émotion immédiate, le contact peau à peau. Pour Kylian, il m’a fallu quelques instants pour me connecter, mais l’amour a été instantané malgré tout.

Les premiers jours en tant que maman, je les décrirais comme éprouvants mais incroyablement riches. La fatigue était bien là, surtout avec l’allaitement et ses douleurs au début, mais j’ai eu la chance d’être épaulée. Berto, encore une fois, a pris le relais la nuit pour que je puisse me reposer. C’était une chance immense de ne pas avoir à tout porter seule.

Aujourd’hui, mes enfants sont devenus le centre de ma vie. Tout passe après eux, et je le dis sans hésiter : ils m’ont transformée. Ils sont mes modèles de résilience, mes petites étoiles qui m’apprennent chaque jour ce que veut dire aimer sans condition.

À celles qui hésitent ou qui s’apprêtent à franchir le pas, j’ai envie de dire ceci : faites des enfants. Même quand c’est difficile, même quand vous doutez, cette expérience vous élève, elle ouvre la conscience et vous fait découvrir une forme d’amour qu’aucune autre aventure n’apporte.

 

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